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Le Tout Moi

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Un peu de tout et beaucoup de moi... De Macao à Bruxelles en passant par la vie !


Rencontre avec Alexis Goslain...

Publié par Le Tout Moi sur 13 Janvier 2011, 17:58pm

Catégories : #Portraits d'artistes

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Alexis Goslain est acteur, metteur en scène et auteur. J’avais été l’applaudir plusieurs fois notamment dans « Peter Pan » adapté par Benoît Roland et Emmanuel Dekoninck au 210 (spectacle qui sera repris la saison prochaine). Je l’avais croisé au Théâtre quand j’y travaillais mais nous ne nous connaissions pas. Quand je lui ai proposé cette interview, il a accepté sans hésiter.

Rencontre avec un artiste franc et honnête !


Comment se passe ton assistanat sur "Jean et Béatrice" de Carole Fréchette?

 

Ca va, Actuellement ; les comédiens apprennent leur texte et les répétitions commencent le 15 février. Donc tout débutera vraiment à partir de cette date-là… Avec Cathy Min Jung la metteuse en scène et Renata Gorka, la scénographe, on prépare juste le terrain.

 

Tu enchaînes ensuite avec "New-York" de Dominique Breda. Que peux-tu me dire de cette pièce ?

 

Cette pièce est vraiment un coup de cœur ! Dom est vraiment très fort. C’est sans aucun doute, ce théâtre que j’ai envie de défendre.

Et c’est la première fois que nous allons jouer tous ensemble et nous avons vraiment hâte ! Avec Alexandre (Crépet), Emmanuel (Dekoninck) et Dominique (Breda) nous nous connaissons depuis des années et on se connaît bien.

Dominique a écrit cette histoire avec comme fil rouge,  les relations  que nous avions avec nos géniteurs. L’histoire nous permet en quelque sorte de régler nos comptes habilement… comme un exutoire… une thérapie… mais tout en restant drôle et sans emmerder le public…. J’espère !

 

N’est-ce pas plus difficile de jouer quelque chose de vraiment intime ?


La difficulté est de devoir aller chercher certaines choses enfuies au fond de soi et de les livrer. De rester juste sans tomber dans le larmoyant ou le pathétique.

 

Et la mise en scène et l’écriture ?

 

Pour l’instant je n’ai pas beaucoup de temps. Entre les différents projets cette saison et les cours que je donne au Conservatoire, c’est compliqué. Mais l’envie reste là… Elle veille….

 

Tu endosses également le rôle de professeur. Comment ça se passe ?

 

Ca dépend des groupes (rire) !…

En général, ca se passe vraiment bien mais ça prend beaucoup de temps. Il faut beaucoup de patience.

Ca fait deux ans maintenant que j’enseigne. La première année, je faisais un remplacement et comme ça s’est bien passé, j’ai postulé pour des heures et j’ai été engagé. C’est enrichissant de travailler avec des jeunes. Comme eux, j’apprends beaucoup. J’ai l’impression de compléter une formation. Je prends beaucoup de plaisir à enseigner malgré tout ce que ça implique. Je suis honnête avec eux et j’essaie au mieux de ne pas leur donner une image tronquée du métier.

 

Tu as différentes casquettes : comédien / metteur en scène /auteur, quelle est celle que tu préfères porter ?

 

Probablement la mise en scène! C’est une forme qui continue à me faire progresser et qui est sans cesse remise en question ! Avec les années, je suis de moins en moins à l’aise sur scène. Je stresse beaucoup plus qu’avant. Je me pose trop de questions sur ce que je renvoie et sur ce que je peux offrir. En gros, je me prends la tête. Mais je me soigne…En mettant en scène, je prends de la distance. Je regarde un ensemble…Je me cache au fond de la salle. C’est plus facile pour moi de diriger !

 

Quand as-tu su que tu voulais devenir comédien ?

 

Ça va paraître un peu bête comme réponse… (sourire)…  Quand j’étais petit, j’étais fan de Belmondo. Il m’a apporté une vision du métier un peu strass et paillettes… Le côté voyages, on se la coule douce, on se marre, et en plus on gagne de l’argent pour faire l’abruti …, un peu comme en politique en fait. L’écart n’est pas très grand.  Sauf qu’au théâtre ou au cinéma, après plus de 200 jours, on obtient un résultat. Bref, quand on est jeune on a une autre vision du métier. Ca change et c’est bien aussi.

Puis avec le temps, il y a des choses qu’on ne veut plus faire.

 

Lesquelles ?

 

Après le Conservatoire, j’ai travaillé durant 4 ans dans un café théâtre. (Au TTO) C’était une excellente école après l’école (sourire). On apprend sur le terrain. On décide de la pièce, de la distribution, de la scéno, on répète et on joue… Et on recommence tous les dimanches et tous les lundis…C’était  très enrichissant mais maintenant je traîne un peu la patte face à ce genre d’aventure.

 

Quel est selon toi le plus difficile dans ce métier ?

 

Perdurer y croire malgré le contexte difficile … ne pas se faire oublier ! Finalement on dépend du désir des autres. C’est un résumé assez juste de la chose. J’accepte beaucoup de projets, j’ai du mal à dire non. Avant je stressais beaucoup quand j’avais une période de « calmitude »… Avoir un enfant permet de relativiser certaines choses. Mon fils me ramène à la réalité. Je me rends compte que c’est lui le plus important quoiqu’il m’arrive professionnellement.

 

Et si ton fiston te disait dans quelques années « Moi aussi je veux devenir comédien ». Quelle serait ta réaction ? Tu serais heureux ?

 

Une grosse claque dans sa gueule pour commencer….Il fera ce qu’il voudra de sa vie. Mais c’est sûr que quand je vois la précarité du métier, je jouerai la carte de la transparence ! De toute façon, c’est franchement la merde dans tous les secteurs donc il a le temps de voir venir. Pour l’instant, je préfère qu’il reste dans l’univers de « Flash Mac Queen ». Il a bien le temps de se poser des questions.

 

Quelles sont tes habitudes, tes petits rituels quand tu mets en scène ou avant de monter sur scène ou quand tu écris ?

 

(Rire) Je n’en ai pas… ni quand j’écris, ni avant de monter sur scène… Mise à part que je fume beaucoup (rire)… Pourtant ce serait chouette d’en avoir… Un peu comme dans « Misery » quand il termine un roman. Il lui faut un verre… Moi je serais plus du genre pour me détendre à me passer un Beatles. En plus c’est thérapeutique…

 

Ton meilleur souvenir du métier ?

 

« Gilles et la nuit » sans hésiter ! Magnifique aventure qui nous a conduit jusqu’au Festival d’Avignon. Et puis, se retrouver face à Olivier Massart y’a pire ! C’est une bête de scène, il est très impressionnant. Et puis, on a été à Avignon et les critiques  ont encensé le spectacle ! Mon fils naissait à sa création et Gilles était comme un deuxième bébé…

 

Ton pire souvenir du métier ?

 

Lors du spectacle « Dom Juan » au Théâtre Jean Vilar.

Tout d’abord, je dois avouer que je suis assez maladroit, je tombe souvent… Dans une scène je devais attaquer le personnages que jouais  Olivier Massart. Nous étions en ombres chinoises et nous nous battions à l’épée derrière un écran.  Evidemment, je suis tombé et une de mes jambes est restée coincée sur le côté du pratiquable. Impossible de continuer la scène et c’est finalement Olivier, alors qu’on était sensé être « ennemis » dans la pièce, qui a dû me relever… Ridicule.

 

Il y a quelques années, tu avais déclaré que ton rêve était de monter « Roméo et Juliette » de Shakespeare et « Crime et châtiment » de Dostoïevski. Est-ce toujours d'actualité  ?

 

Oui ce sont toujours des rêves… même si « Roméo et Juliette » a déjà été monté plusieurs fois… dont dernièrement par Georges Lini… Il serait donc difficile de faire quelque chose de vraiment nouveau. Surtout après l’adaptation au cinéma ! Tout le monde connaît le texte, l’histoire et donc, en a beaucoup d’attentes…  Il y a aussi « Gatsby le Magnifique» de Francis Scott Fitzgerald mais ce serait un projet qui demanderait un gros budget et comme il n’y a pas d’argent….! (rire)…Donc ca attendra ou ça ne se fera pas… Mais rien n’est grave. Ce boulot est fait de rencontres et c’est surtout l’envie de travailler avec des artistes qui me motive. Von Sivers, Colfs, Thirion pour ne citer qu’eux. Mais une chose à la fois.

 

Comment te vois-tu dans 5 ans ?

 

Difficile à imaginer. J’ai déjà du mal de me projeter dans 2 ans.  J’espère juste être encore là. Et si je deviens ringard ou si les cons affluent, je repenserai sans doute à une reconversion. Et mes meilleurs vœux aussi Fadila….

 

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